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Le soulman louisianais Davell Crawford, aka «The Crown Prince of New Orleans», sera sans doute l'une des plus croustillantes révélations de cette édition 2008. Chanteur et pianiste / organiste doué, charmeur naturel à voix de crooner soul, véritable perfomer sachant attraper un public par les hanches, Crawford suit tranquillement le chemin tracé par d'autres grands musiciens de la Nouvelle Orléans : le Professor Longhair et James Booker par exemple.
Depuis le tout début des années 90, Davell Crawford, son orgue ou son piano apparaissent sur des dizaines d'albums concoctés à Big Easy. Ainsi, peut-on les entendre (son jeu d'orgue est particulièrement recherché...), au hasard, sur Life Is A Carnival de The Wild Magnolia's, A Funeral For My Friend du Dirty Dozen Brass Band, A Good Day For The Blues de la légendaire Ruth Brown, ou bien encore sur ce superbe projet nominé aux Grammy et intitulé Dis Dat & d'Odda, avec Dr. John, Mavis Staples & The Davell Crawford Singers.
Dès son premier album Let Them Talk, paru en 1995, le jeune Davell Crawford mêlait avec habileté ses influences naturelles, gospel, R&B, soul, funk et jazz. Il faut signaler que le jeune louisianais a de qui tenir : son grand-père fut le créateur de la chanson «Jock-a-Mo», l'un des classiques du répertoire de la Nouvelle-Orléans.
Huit albums plus tard, s'incarnant tour à tour avec The Davell Crawford Organ Quartet, avec The Davell Crawford Singers, sous l'appellation du Davell Crawford & His Quartet ou bien encore de ce Davell Crawford Movement qui nous visite cet été, le claviériste et chanteur égocentrique assume avec cran le lourd héritage de la Nouvelle-Orléans, l'un des fiefs majeurs de la musique populaire. Son répertoire, standards ou compositions personnelles, embrasse un éventail de styles festifs et ternaires. Il figure un legs qui va de Jelly Roll Morton au Dr John, de Mahalia Jackson et Satchmo à Professor Longhair, Eddie Bo, les Marsalis ou les Neville.
Dans la discographie de Davell Crawford sous son propre nom, l'album «Live in Brazil» paru tardivement (il a été enregistré dans le début des années 90) montre notre «Prince Couronné de N.O» au meilleur de son art, entouré alors d'un orchestre R&B monté sur roulement à billes et d'un ensemble de choristes en pur palmier. Seul au piano, le prince charmeur déroule alors une belle version tropicalisée de «Georgia on my Mind».